Auteur : Daniel Pennac
Editeur : Gallimard
Année : 1997
Un concentré d'émotions, d'humour, bref un vrai bonheur à déguster sans modération :
"... Et j'ai brusquement senti entre mes doigts le froid mortel de la photo arrachée aux mains de Clément, froide comme la peau d'un mort, froide comme l'absence de Cissou, et, dans la chaleur de notre lit commun, j'ai compris qu'avec le départ de Cissou nous avions perdu une autre raison de vivre, qu'après l'oncle Stojil et le vieux Thian. Cissou avait levé l'ancre à son tour, Cissou que je n'avais pas pleuré sur le moment, levé l'ancre, arraché une de mes attaches au monde, car ce n'était pas un ami que j'avais perdu là, c'était la meilleure part de moi-même, comme toujours quand un ami s'en va, une ancre arrachée au coeur de mon être, un morceau de mon coeur sanglant au bout de cette ancre enlevée, et ce n'était pas seulement du vin qui coulait de mes yeux, c'étaient mes larmes, cette inépuisable cuvée de souffrance, le cépage si productif de la douleur de vivre, si profondément enraciné en notre terre de deuil."
Merci Monsieur Pennac
Note : 10/10
Publié dans Dernières lectures | Lien permanent